Expliquer l’IA avec des mots simples ? Mission impossible.
Chaque tentative se fait critiquer, à juste titre, par les sachants :
→ « C’est une grosse base de données »
→ « C’est un être pensant qui échappe à son créateur »
→ « C’est du copier-coller sophistiqué »
etc…
J’ai trouvé depuis quelques temps une manière de présenter l’IA, qui est très imparfaite également et fera hurler les puristes, mais qui me semble facilement compréhensible et utile pour décoder les enjeux :
L’informatique classique, c’est l’art d’éliminer l’ambiguïté. Des process rigoureux, zéro place au flou. Quiconque a bossé sur un enchaînement de traitements voit de quoi je parle.
L’IA, c’est l’inverse : la capacité d’introduire de l’approximatif, du flou, et d’obtenir quand même un résultat.
C’est pour cette raison que faire une addition est extrêmement simple pour un programme « ordinaire », alors que c’est très compliqué pour une IA.
Alors que lorsqu’il s’agit de reconnaître une photo de chat, c’est l’inverse.
Et là où ça perd tout le monde, c’est que ces deux concepts à la philosophie complètement opposée cohabitent maintenant dans vos écrans !
Vous allez voir : décoder l’usage de l’IA au travers de ce prisme simple va complètement changer votre façon de comprendre les enjeux.
Un mec qui dit « tout va reposer sur l’IA désormais dans notre process » = « je valide que ça va être géré de manière approximative »
Un autre qui dit « hors de question d’avoir la moindre IA là-dedans » va devoir le justifier par un besoin impératif d’être rigoureux 100% du temps, au risque sinon de se faire larguer par d’autres acteurs allant bien plus vite que lui.
Petite parenthèse : cette façon de décoder la vague IA montre aussi pourquoi elle n’est pas comparable avec les précédents efforts d’abstraction du travail.
Lorsqu’on a remplacé le codage en langage d’assemblage pour écrire en C ou en Cobol, la rigueur technique était au coeur : certes, c’est plus simple, mais ça repose sur un compilateur, qui est un travail d’extrême précision à faire passer un horloger pour un junkie sous crack.
Là, c’est tout autre chose. L’IA est un outil qui peut être brillantissime, pas parce qu’il est rigoureux, juste par qu’il manipule tellement plus d’informations que vous que ça a un côté magique.
Bref, mon point est simple : tout est équilibre. ⚖️
L’exemple d’Octave Klaba est parlant : il vibecode l’interface client d’OVH (subjectif, expérience utilisateur) mais ne touche pas aux APIs critiques (rigueur absolue).
Lorsque Linus Torvalds travaille sur le noyau de Linux, il est hors de question de se permettre d’être flou. En revanche, lorsqu’il bidouille un effet sonore pour sa guitare, seul le résultat compte et il va vibe-coder le truc.
Ceux qui rejettent l’IA vont se faire larguer à force de s’accrocher systématiquement à des process lourds.
Ceux qui ne jurent que par elle vont livrer des stacks floues et non maîtrisées.
La vraie compétence, c’est de savoir où placer le curseur.
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Écrit par
Jean David Olekhnovitch
Oldschool developer, Auvergnat & European & Québécois d'adoption. At the crossroad between tech, people and culture. Living on a small Island in Québec