« Franchir le Rubicon » est une de mes expressions favorites pour donner un peu de perspective historique.
Le Rubicon, c’est cette rivière franchie par Jules César et son armée il y a bien longtemps. En franchissant le cours d’eau, JC savait qu’aucun retour en arrière n’était possible : il se mettait dans une posture illégale qui déclencherait fatalement une guerre.
Ya comme ça des moments dans la vie où l’on sait qu’on s’apprête à franchir un pas décisif. Une bascule vers un point de non-retour.
Ce que décrit l’article de David Daudelin rejoint un feeling que j’ai ressenti plusieurs fois depuis le début de cette aventure de développeur assisté par l’IA :
Mon workflow actuel
→ Je peaufine mes instructions
→ L’IA génère le code
→ Je passe beaucoup de temps à lui faire mes retours, fonctionnels mais aussi techniques
→ Et ça passe bien sûr par du code review, c\’est-à-dire BEAUCOUP de temps passé à relire le code, et à critiquer l’IA sur le fond, mais aussi sur la forme
L’évolution que je constate
Au début, les retours sur la qualité du code fourni étaient très nombreux. Mais il faut bien avouer que ces retours sont bien moins nombreux. Parce que le modèle et l’outil ont progressé, mais pas que.
Un projet mal contextualisé, mal défini, donnera un livrable médiocre techniquement. Un besoin fonctionnel bordélique donnera un code bordélique.
En revanche, même si mon ego de développeur en prend un coup, il faut bien avouer qu’en musclant tous les aspects définissant le cadre du projet, on parvient dans bien des cas à obtenir un livrable pleinement satisfaisant tel quel.
Le point de non-retour
Sur un découpage en tâches et blocs bien définis, on constate que la tentation de laisser passer certaines parties sans code review est de plus en plus forte.
Ce que documente cet article fort intéressant, c\’est le côté Rubicon qu’implique l’acceptation de limiter le code review : en laissant plus d’initiative à l’IA, on va fatalement vers un code qui sera ensuite difficile à maintenir sans IA.
Ma position actuelle
Je serais bien incapable de vous conseiller quoi faire car, vous l\’avez compris, je suis moi-même au bord de la rive de ce fichu fleuve, sans savoir dans quelles conditions j’accepte de le franchir. Ni s’il le faut.
En tout cas, ça fait partie des discussions passionnantes qui nous attendent dans le petit monde de l’ingénierie en développement !
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Écrit par
Jean David Olekhnovitch
Oldschool developer, Auvergnat & European & Québécois d'adoption. At the crossroad between tech, people and culture. Living on a small Island in Québec